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dimanche 27 novembre 2011

PAGE 195 :VEILLEZ ! VOUS NE SAVEZ PAS ...

PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT

Avent, est la transcription française du latin Adventus qui désigne l'acte d'arriver, le fait d'être arrivé; ce que l’Église célèbre, c'est l'Avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le cycle liturgique s'est terminé par la mémoire du Christ Roi; Le nouveau cycle commence par une méditation sur le second Avènement, la Parousie, qui marquera la fin des temps (premier dimanche) et conduit jusqu'à la fête de la venue de Jésus dans la chair (Noël).

"Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
" Prenez garde, VEILLEZ : car
vous ne savez pas quand viendra le moment!"
 Marc 13, 33-37 
Ce " Prenez garde" peut nous étonner dans la bouche de Jésus. Je pense que nous devons l'accueillir comme un "appel" une "invitation" ferme, à rester en éveil pour ce jour de la Rencontre

En effet, en ce début d'Avent, préparation à la fête de l'Incarnation, jour merveilleux, (celui de l'Incarnation) inouï, difficilement compréhensible à notre entendement humain, en ce début d'Avent, Jésus parle sans nul doute de trois "avènements" : 

-  celui de l'Incarnation : " Le Verbe s'est fait Chair et Il a demeuré parmi nous" du Prologue de St Jean et " Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement, le rang qui l'égalait à Dieu ..." de la lettre de St Paul aux Philippiens.
- Son Avènement, quand Il reviendra, c'est l'évangile de la fête du Christ Roi :"Quand le Fils de l'Homme viendra dans Sa gloire" Mt 25 .
- et, tout autant, j'imagine, cette multitude de petits ou grands, "avènements" dans nos vies de chaque jour , jusqu'à" l'avènement" final où nous Le verrons tel qu'Il EST en vérité, tellement plus grand, tellement plus étonnant, tellement plus merveilleux dans sa tendresse pour notre humanité et chacun, en particulier.

Quand Jésus parle de "Veille" je pense qu'Il parle essentiellement, de ce moment indescriptible où nous tomberons dans Ses bras, et où nous comprendrons Sa folie d'amour ! Nous risquons de penser et de Lui dire à cet instant :"je n'ai rien compris !" Mais ce ne sera pas le temps des regrets mais celui de l'émerveillement.

Aussi "cette "mise en garde" ce peut être une invitation à vivre chaque instant de notre vie avec un maximum d'amour, au service de l'Amour, reconnu dans  nos frères, et plus particulièrement le moins attirant, le moins aimable : 

" Il n'avait plus d'apparence humaine"
écrit Isaïe. 


"Veillez, vous ne savez pas quand
le Maître de la maison reviendra,
le soir ou à minuit, au chant du coq
ou le matin. Il peut arriver à l'improviste 
et vous trouver endormis.
Ce que je vous dis là je le dis à tous :
Veillez"

Nous pensons d'emblée aux jeunes femmes imprudentes de l’Évangile qui n'avaient pas pris d'huile en réserve pour attendre l’Époux... Cet Époux de nos vies d'hommes ( n'a-t-Il pas épousé notre humanité en tout, à l'exception du péché ?) vient à tout instant pour nous inviter à vivre au plus près de Son Amour. Sommes-nous éveillés pour Le reconnaître et L'accueillir ? Celui qui "veille" dans la nuit pour éviter de désagréables surprises, est sans cesse aux aguets ! Sommes-nous aux aguets du moindre bruissement de l'Amour pour répondre avec empressement ? Nous ne Le devancerons pas, Il est le Premier en Amour, mais savons-nous répondre immédiatement à ce qu'Il nous donne de comprendre de Ses attentes ? Sachant, d'ailleurs, que Ses attentes n'ont d'autre but que de nous attirer, de nous combler ?

En cette période liturgique, restons en Éveil pour saisir l'Amour qui nous fait signe et prions les uns pour les autres afin que Noël nous renouvelle .

Bon Avent ! Bonne Route vers l'Amour qui se donne ! Il vient, c'est sûr ! Faisons silence pour reconnaître Son pas !

L'Ermite

dimanche 20 novembre 2011

PAGE 194 : FETE DU CHRIST, ROI DE L'UNIVERS

DIMANCHE 20 NOVEMBRE
FÊTE DU CHRIST ROI DE L'UNIVERS
Qui es-Tu Roi d'humilité,
Roi sans Palais, Roi sans armée ...
Tel est le chant Liturgique qui s'impose à mon esprit en cette fin de semaine, où je suis tournée vers cette extraordinaire fête qui clos notre année Liturgique.

QUI EST NOTRE ROI ? C'est bien la question que nous sommes invités à nous poser .
Notre Roi est à nul autre pareil, Il est le Saint de Dieu, le Fils éternel, du Père Éternel! Si nous voulons L'approcher et, surtout nous laisser approcher par Son amour, nous sommes invités à scruter les Écritures, et, surtout, à nous plonger dans les Évangiles. Notre Roi est Celui qui déclare aujourd'hui, dans l'évangile de Saint Matthieu :

"Tout ce que vous aurez fait au plus petit
d'entre les miens
c'est à Moi que vous l'aurez fait"
Jésus ne dit pas," c'est à mon frère", non, Jésus s'identifie au plus petit, au plus souffrant, au plus abandonné ... et, en retour, nous pouvons affirmer, que le maltraité, le plus pauvre des pauvres, le plus humilié, le plus méconnu, le plus défiguré par le péché ou la maladie c'est JÉSUS PRÉSENT PARMI NOUS ?

Y pensons-nous ? Le croyons-nous ?

Avec ce chant, une image s'est imposée : celle du Christ durant la Passion : Voici votre Roi ! Et Jésus est présenté drapé d'un manteau rouge, une couronne d'épines sur la tête, un faux sceptre dans la main, les pieds nus, le visage épuisé de fatigue !Voici votre Roi ! Notre Roi, c'est en effet ce Dieu, raillé, ce Dieu humilié, ce Dieu épuisé, ce Dieu bafoué ... Ce Dieu tourné en dérision !
Pilate, ce n'est pas hier seulement, Pilate, c'est aussi aujourd'hui ! C'est, dans nos vies, chaque fois que nous entrons en complicité, en compromission avec LE MAL quel qu'il soit ! Chaque fois que nous craignons d'affirmer notre foi, chaque fois fois que nous craignons de reconnaître Jésus dans notre vie, dans celle de nos frères, dans nos frères, tout simplement ! Chaque fois que nous détournons le regard quand un "Mal" nous agresse, quand un semblable, n'a plus d'apparence humaine ! Or, Celui qui n'a plus d'apparence humaine, c'est Jésus (cf Isaïe) , et c'est Lui qui est proposé à notre méditation en ce jour !

Qui es-Tu Roi d'humilité,
Roi sans Palais, Roi sans armée ?

Une petite voix, toute en discrétion et en douceur, murmure au fond de notre coeur :""JE SUIS L'AMOUR"Dès lors, chers amis, apprenons à mieux aimer, en regardant Jésus qui nous dit comment aimer!
Et je ne peux passer sous silence, sans me permettre d'ailleurs le moindre commentaire, le drame qui ébranle la France entière en ces jours dramatiques: Jésus est présent, Jésus EST ces deux familles qui vivent une déréliction à nulle autre pareille, tant du côté de la victime que du côté de l'agresseur! Puissent nos coeurs être assez ouverts pour les porter et les déposer sur l'Autel où l'AMOUR s'offre chaque jour pour le salut de l'humanité !

L'Ermite

dimanche 13 novembre 2011

PAGE 193 : UN TALENT : C'EST QUOI ?

( Veuillez m'excuser, j'ai passé beaucoup de temps avec cette nouvelle page de Blog, je n'arrive pas, aujourd'hui, pour des raisons indépendantes de ma volonté à présenter selon mon projet, si le mécanisme se remet en route, j'améliorerai en cours de semaine!)

UN TALENT : C’EST QUOI ?
Matthieu 25,14-30.

« Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t'en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton maître. '

Les Paraboles, nous le savons, sont utilisées par le Seigneur, d’une part pour nous éclairer, et, d’autre part pour nous conduire plus loin. Ici, il s’agit de « talents », or, nous le savons aussi, le « talent », dans la Bible, représente une somme importante d’argent ! Pensons-nous dès lors, que le Seigneur veuille attirer notre attention, sur notre façon de gérer l’argent « Lui qui n’avez pas où reposer sa tête ? Le voyons-nous, dans l’Évangile, donner de l’argent à celui qui est en difficultés ? Par contre nous le voyons remettre debout le paralysé, rendre la vue à l’aveugle de naissance …et à ses proches, que confie-t-Il ?

«Allez! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
N'emportez pas de bourse,
pas de sac, pas de sandales,
et n'échangez de salutations avec personne en chemin.
(Luc 10)

Nous sommes loin d’un éventuel salaire ! Que signifient donc ces « talents » ? Très souvent, en écoutant cette Parabole nous pensons aux qualités, aux aptitudes reçues de façon innée avec le don de la vie ! Du coup, nous sommes tentés d’en faire l’inventaire et de nous interroger sur notre manière de les développer et de les mettre au service de la Communauté humaine ! Ce n’est certainement pas tout à fait étranger à ce qui est proposé à notre réflexion ! Toutefois, ce genre de raisonnement, fait courir le risque de se centrer sur soi-même alors que le Seigneur nous « envoie sans cesse vers nos frères » ! De quels « talents » Jésus parle-t-Il ? Comme toujours, il y a bien des façons de recevoir le message évangélique parce que, nous dit la lettre aux Hébreux :

« Vivante est la Parole de Dieu ! »

Une vie ne suffira pas pour en extraire toute la richesse, une génération non plus ! En accueillant cette Parabole dans le silence, St Paul s’est imposé à mon esprit, avec ce verset de 1 Cor. :

Si j'annonce l'Évangile,
ce n'est pas pour moi une gloire,
c'est une obligation qui m'incombe,
et malheur à moi si je n’annonce pas l'Évangile !

Et si nous avions ici, la clef de cette Parabole ? Le Seigneur nous confie sa « Parole Vivante et Vraie », Il nous confie les uns aux autres comme des Pierres Vivantes pour construire Son Église jusqu’à Son Avènement, « comme j’ai fait, vous devez faire aussi » dit-il en lavant les pieds de ses disciples et, après l’Institution, Jésus précise : « Faites Ceci en mémoire de moi » nous pourrions continuer longtemps et nous verrions, que le Christ nous associe à Sa Mission Rédemptrice ! Je suis allée voir un peu plus loin, toujours chez Saint Paul 1 Cor 12,4

Il y a pourtant diversité de dons,
mais c'est le même Esprit;
diversité de ministères,
mais c'est le même Seigneur;
diversité d'opérations,
mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous.
A chacun la manifestation de l'Esprit
est donnée pour l'utilité commune.
En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse,
à l'autre une parole de connaissance,
selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit;
à un autre, le don des guérisons, par ce seul et même Esprit;
à un autre, la puissance d'opérer des miracles;
à un autre la prophétie;
à un autre, le discernement des esprits;
à un autre la diversité des langues;
à un autre le don de les interpréter.
Mais c'est le seul et même Esprit qui produit tous ces dons,
les distribuant à chacun en particulier, comme il lui plaît.

Vous êtes le corps du Christ,
et vous êtes ses membres chacun pour sa part.
Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres,
secondement des prophètes,
troisièmement des docteurs,
ensuite ceux qui ont les dons de faire des miracles,
de guérir, d'assister, de gouverner,
de parler diverses langues.
Tous sont-ils apôtres? Tous prophètes?
Tous docteurs? Tous thaumaturges?
Tous ont-ils les grâces de guérison?
Tous parlent-ils des langues? Tous interprètent-ils?


Ailleurs, Jésus nous dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que fait le Père, le Fils aussi le fait pareillement. (Jean 5). Nous sommes « fils aussi, héritiers et cohéritiers avec le Fils unique » ne serait-ce pas ici, la réponse à notre question ? Alors, dépêchons-nous, il n’est jamais trop tard ! Souvenons-nous des ouvriers de la vigne, le dernier reçoit le même salaire que le premier ! L’essentiel, quand nous comprenons, n’est-il pas de retrousser ses manches et de se mettre au travail ? Alors « debout » et tout ce que nous pourrons déployer d’énergie pour annoncer la BONNE NOUVELLE de L’AMOUR DE DIEU n’hésitons plus à le faire :

Dieu nous appelle à faire EGLISE !

"Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité : car c'est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tous biens. Amen » (oraison de ce jour)

L’Ermite

dimanche 6 novembre 2011

PAGE 192 : VEILLEZ !

VEILLEZ DONC !

Matthieu 25

" Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles

qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l'époux.

Cinq d'entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées.

En prenant leurs lampes, les filles insensées n'avaient pas emporté d'huile;

les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l'huile dans des fioles.

Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.

Ce paragraphe décrit bien ce qui se passe dans la vie de tous les jours : certains savent s’organiser et prévoir, d’autres vivent au jour le jour … il y a du bon et du moins bon dans les deux attitudes, à condition toutefois, que les motivations profondes soient claires. Est-ce que j’imite la cigale et la fourmi, ou bien, suis-je dans cette confiance, cet abandon de l’enfant qui s’en remet, non à ses semblables, pour en profiter, le moment venu, mais à SON PERE des cieux parce que ses soucis, ses centres d’intérêt, sont les miens, à savoir : ceux du Royaume ?

" Au milieu de la nuit, un cri retentit :

"Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. "

Nous imaginons assez facilement la scène ! Le temps de réaliser et tout ce petit monde est sur pieds ! Un ultime regard est donné à la tenue, et hop ! Chacune prend sa lampe pour ne pas « trébucher » et risquer une inconvenance de dernier instant ! C’est oublier l’ESSENTIEL ! L’HUILE de l’Amour qui garde le cœur en éveil !

« Je dors mais mon cœur veille. C'est la, voix de mon bien-aimé! Il frappe: " Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, (Cantique 5)»

Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes.

" Les insensées dirent aux avisées:

"Donnez-nous de votre huile,

car nos lampes s'éteignent. "

" Les avisées répondirent:

"Certes pas, il n'y en aurait pas assez

pour nous et pour vous !

Allez plutôt chez les marchands

et achetez-en pour vous. "

La scène est douloureuse, nous avons franchement envie de prendre le parti des insensées et d’accuser les avisées d’égoïsme et de bien d’autres maux !

Si nous réfléchissons sagement, en imposant le silence à nos émotions, nous aurons vite fait de reconnaître l’erreur de notre calcul ! A partager l’huile, ne risquent-elles pas de rester dehors elles aussi ? C’est un peu ce qui arrive à un aveugle qui conduit un autre aveugle : les deux tombent dans le même trou ! La remarque des avisées est plutôt sage, il y aura au moins quelques personnes pour ACCUEILLIR l’Époux, les autres devront simplement s’excuser de leur retard et prendront alors la mesure de leurs inconséquences ! Ce n’est pas l’Époux qui juge, ce sont les demoiselles d’honneur, imprévoyantes, qui, si elles sont honnêtes, reconnaîtront leur légèreté et assumeront leur responsabilité dans cette situation.

Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva ;

celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui

dans la salle des noces, et l'on ferma la porte.

" Finalement, arrivent à leur tour, les autres jeunes filles, qui disent :

"Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! "

" Mais il répondit :

"En vérité, je vous le déclare, je ne vous connais pas. "

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure !

Ce dernier verset est, sans nul doute, « la clef » de cette Parabole !

VEILLEZ !

Qu’est-ce à dire ?

VEILLEZ, n’est-ce pas désirer de tout son être ? Et donc attendre, en prenant les moyens de l’ATTENTE ?

« La mesure de tout Amour est une Attente sans mesure. Qui attend est, sans le savoir, infiniment proche, pourvu cependant, que son attente ne se relâche pas » écrit Paul Baudiquey.

VEILLEZ ? N’est-ce pas apprendre à aimer chaque jour, à chaque instant du jour, pour habiller son cœur, comme la rose du Petit Prince de St Exupéry ? N’est-ce pas se laisser dépouiller de soi pour s’habiller de l’Autre ?

« Je suis devenu toi, (Incarnation) tu es devenu Moi (Dieu modèle sa poterie si elle s’abandonne entre ses mains !)! »

Veiller, dans quel but ? Pourquoi ?

« Vous ne savez ni le jour, ni l’heure » de la RENCONTRE !

LA RENCONTRE ! cet instant inconcevable pour nous, humains, où nous serons en présence de la beauté infinie, de la bonté infinie, de l’amour infini ! BEAUTE, BONTE, AMOUR qui nous éblouiront au point de nous faire prendre conscience, sans un mot, de nos manques ! Ce qui faisait dire à St Augustin :

« Bien tard, je t'ai aimée, ô Beauté si ancienne et si neuve, bien tard, je t'ai aimée! »

Restons, comme nous le dit Jésus, en tenue de service, afin d’être toujours prêts pour accueillir l’Epoux quand Il nous appellera !

Et l’image qui s’impose à moi, encore et toujours, c’est celle de ce jeune prêtre de 90 ans en janvier prochain, toujours au service des deux Tables : Parole et Eucharistie et au service du frère qui appelle !

Heureux d’être et de demeurer debout, au service de l’AMOUR QUI EST DIEU MÊME !

L'Ermite

samedi 29 octobre 2011

PAGE 191 : LE PLUS GRAND! SERA VOTRE SERVITEUR

LE PLUS GRAND PARMI VOUS

SERA VOTRE SERVITEUR.

Matthieu 23, 1-12

Alors Jésus s'adressa aux foules et à ses disciples :

" Les scribes et les Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse:

faites donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire,

mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas.

Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes,

alors qu'eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt

Toutes leurs actions,

ils les font pour se faire remarquer des hommes.

Ils élargissent leurs phylactères et allongent leurs franges.

Ils aiment à occuper les premières places dans les dîners

et les premiers sièges dans les synagogues,

" à être salués sur les places publiques et à s'entendre appeler

"Maître " par les hommes. "

" Pour vous, ne vous faites pas appeler "Maître ", car

vous n'avez qu'un seul Maître et vous êtes tous frères. "

" N'appelez personne sur la terre votre "Père ", car

vous n'en avez qu'un seul, le Père céleste. "

" Ne vous faites pas non plus appeler "Docteurs ", car

vous n'avez qu'un seul Docteur, le Christ. "

J’écris en italique les membres de versets qui m’apparaissent appeler une attention bien précise de la part de chacun d’entre nous. Chacun pourra, et saura, se poser les bonnes questions qui l’éclaireront sur le sérieux de son engagement évangélique. Je choisis de concentrer mon attention sur le seul verset qui suit et que je me permets de placer en exergue pour capter notre attention :

« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »

Jésus m’apparaît comme le Maître des paradoxes : qui oserait penser, dire et affirmer :

« le plus grand sera votre serviteur » !

Est-ce notre façon de considérer les situations ? De manière courante offrons-nous, vraiment, toute notre attention à celui, celle qui sert ? Le percevons-nous comme celui, celle qui est le plus grand ? Vers qui vont d’abord, nos « courbettes », nos salutations, nos sourires … de qui cherchons-nous à capter l’attention ? Qui recherchons-nous dans nos relations ? Celui qui sert ou celui qui est servi ?

Il y a quelques années, un chant de catéchèse disait de, et à Jésus :

« Tu fais tout à l’envers »

Suivait un rappel des actes de Jésus qui révélaient, effectivement, une manière de penser et d’agir à l’opposée de nos comportements habituels !

Les valeurs évangéliques sont à mille milles de notre échelle de valeurs courante ! Nous avons une culture de la performance,de la compétition, du plus, du meilleur, mais tout cela, selon nos critères bassement humains ! Jésus, Lui, nous invite à regarder « non ce qui se voit » mais ce qui est caché, petit, simple, vrai ! Le :

« on ne voit bien qu’avec le cœur »

du petit Prince.

Jésus ne remet pas en question l’autorité, mais la façon de l’exercer ! Jésus ne remet pas en cause la hiérarchie, mais la manière dont elle peut se situer ! etc.

Deux témoignages vraiment très forts, de mon parcours, illustrent particulièrement bien cet appel de Jésus :

J’ai été touchée, au plus profond de mon être, un certain Jeudi Saint, en Afrique. Le célébrant, un prêtre espagnol, en mission dans notre paroisse, avait réfléchi, avec les chrétiens, au sens du Lavement des pieds, pour arriver à découvrir, que quelle que soit notre position sociale, si nous vivons l’Évangile, et même au seul plan humain d’ailleurs, chacun, est d’une certaine façon, « serviteur » de son frère .

C’est ainsi, qu’au moment du « lavement des pieds, nous avons « contemplé » l’inattendu, à savoir :

Un enseignant lavant les pieds de son élève et immédiatement après, l’élève lavant les pieds de l’enseignant ! Le chef des pompiers, lavant les pieds d’un subalterne et ce dernier, lavant les pieds de son chef, puis ce fut le tour du Curé et de son vicaire, d’un commissaire et d’un repris de justice et inversement, d’un époux et de son épouse, d’un père et de son fils et ainsi de suite soit douze ,multiplié par deux ! Un tel geste ne s’oublie pas, il manifeste, clairement quel esprit doit nous animer!

L’autre illustration remonte à mes 22/23 ans : j’étais épuisée par une succession de camps de jeunes dont le dernier à vélo; mes rotules ne fonctionnaient plus, j’avais été au-delà de mes possibilités physiques. Dans la foulée, j’avais rendez-vous avec mon accompagnateur et confesseur à qui j’ai partagé ma difficulté de me mettre à genoux, or, c’était encore l’époque des « confessionnaux armoire ». J’étais seule ! J’ai fait l’expérience inouïe, inoubliable surtout, d’un Dieu Serviteur dans son ministre du sacrement, se mettant à genoux, à la place du pénitent, pour recevoir ma confession tandis qu’il m’avait installée, assise, à sa place, dans le confessionnal !

Des expériences du genre marquent pour la vie !

N’avons-nous pas plus bouleversant encore, quand le Jeudi Saint, le Christ Lui-même, le Seigneur et le Maître, quitte la table, revêt le tablier de service, s’agenouille au pied de chacun des apôtres – c’est trop fort, Pierre contexte ! mais s’il refuse, il n’aura pas de part avec l’Amour incarné – et se met à leur laver les pieds ?

Par ailleurs, l’Église ne définit-elle pas le Saint Père comme "SERVITEUR DES SERVITEURS "? Ce sont nos comportements qui le tiennent à distance !


Quiconque s'élèvera sera abaissé,

et quiconque s'abaissera sera élevé.


Sœur, frère, devenons serviteurs !


L'Ermite