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vendredi 18 janvier 2013

PAGE 254 : QUOIQU'IL VOUS DISE, FAITES-LE

 DIMANCHE 20 JANVIER 2013

QUOIQU'IL VOUS DISE FAITES-LE


Or, le troisième jour, 
il y eut une noce à Cana de Galilée
 et la mère de Jésus était là.
Jésus lui aussi fut invité à la noce 
ainsi que ses disciples.

"Le troisième jour" ! Ce sera, aussi, le troisième jour que Jésus se "lèvera" victorieux de la mort :


" O mort, où est ta victoire ? 
O mort, où est ton aiguillon ? 
 (1Corinthiens  15)

"Il y eut des noces à Cana" comment ne pas penser ici "aux noces de l'Agneau" cette Alliance scellée dans le Sang du Christ

 " Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, 
répandu pour vous. 
(Luc  22) 
Le thème des "noces" donc de "l'Alliance" revient souvent dans l’Écriture, Jésus Lui-même, dans les Paraboles, donne une douzaine d'exemples de noces et la plupart du temps, les invités boudent la fête ...Ces invités ? C'est nous ! Ne boudons-nous pas souvent la joie d'être avec le "Maître" ? Dieu, en son Fils que faisons-nous de Ses dons ? Que faisons-nous de Sa grâce ?

" Le royaume des cieux est semblable à un roi
 qui fit les noces de son fils.  
Il envoya ses serviteurs appeler ceux
 qui avaient été invités aux noces, 
et ils ne voulurent pas venir.  
(Matthieu 22)

"Et la Mère de Jésus était là " Marie est là chaque fois qu'une étape va être  franchie, Marie se tiendra "debout" au pied de la croix de Jésus, Marie, en St Jean accueillera l’Église et Jean recevra Marie comme Mère incomparable de l’Église, Marie recevra Jésus dans ses bras lui offrant son cœur pour sépulture jusqu'à ce que Joseph d'Arimathie lui offre un lieu où Le déposer, et d'où Il surgira vainqueur de la mort !
 "Mais grâces soient rendues à Dieu,
 qui nous a donné la victoire 
par Notre-Seigneur Jésus-Christ ! "
(1Corinthiens 15)

Marie est présente lors du premier Signe comme Elle sera présente lors du dernier signe "terrestre", Marie demeure à travers le temps et continue d'intercéder de dire dans le "creux de l'oreille du cœur de Jésus, son Fils et notre frère", l'héritier du Père qui fait de nous des cohéritiers :"Ils n'ont plus de vin !" à savoir "ils sont en train de se fourvoyer, ils perdent pied et ne savent plus reconnaître le bien du mal, ils s'enfoncent dans la nuit", et à nos anges gardiens, avec un clin d’œil plein de finesse, Marie précise "Faites tout ce qu'Il vous dira" sous entendu "pour les tirer du bourbier dans lequel ils se fourvoie" !
Ô Marie, continue s'il te plaît ta mission d'intercession pour ramener l'humanité dans le cœur de Jésus ! 

( Il faudrait creuser beaucoup plus mais je vous livre simplement ce qui jaillit dans mon cœur, sachant que j'effleure à peine le mystère et la profondeur de ce passage de l’Écriture . Dans ces seuls versets je pense qu'il y a matière pour un livre!)


Comme le vin manquait, 
la mère de Jésus lui dit: 
" Ils n'ont pas de vin. "

"Ils n'ont plus de vin !" C'est encore Marie, cette Mère attentive, qui voit le "manque" . Nul n'attire son attention, Marie voit parce que son cœur est entièrement ouvert à l'Amour. Seuls, les cœurs aimants préviennent les désirs du frère, ils n'attendent pas une demande, ils devancent avec délicatesse et tendresse. Marie ne dit pas cela à une personne qui risque d'interpréter la situation et d'humilier, Marie parle à Jésus, dans le creux de l'oreille parce qu'Elle sait qu'Il est venu pour être aux affaires de Son Père ! Marie n'a pas oublié cette parole qui habite son cœur "Marie méditait toutes ces choses dans son cœur"! écrit l'évangéliste. Et les "affaires du Père" c'est le bonheur des enfants, et, le bonheur des enfants c'est de se laisser modeler par l'amour. Il n'y a pas de vrai bonheur en dehors de cette relation unique.


Mais Jésus lui répondit:
 " Que me veux-tu, femme ? 
Mon heure n'est pas encore venue. "
Sa mère dit aux serviteurs: 
" Quoi qu'il vous dise, faites-le.

 " Que me veux-tu, femme ? d'autres traduisent : "qu'y-a-t-il entre toi et moi "Voilà une parole qui a fait couler beaucoup d'encre et qui en fait couler encore ! A mon avis, il n'y a, ni une fin de non recevoir, ni une forme de reproche, ni une mise à l'écart de Marie. Je reçois cette réponse de façon positive, voire avec un brin d'humour, car Jésus a de l'humour ! C'est un peu comme s'Il lui disait : " bon, tu ne supportes pas le risque encouru par ces jeunes mariés, tu me forces un peu la main tu sais, mais, pour toi, je vais intervenir !" D'ailleurs Marie ne s'y méprend pas puisqu'elle dit aux serviteurs : "faites tout ce qu'il vous dira" Peut-être même pense-t-elle :"même si cela vous paraît ridicule !" Marie sait que Jésus est tellement différent de notre "faire" humain, aussi préfère-t-elle éviter les questionnements inutiles ! :"Faites TOUT ce qu'Il vous dira !"


" Il y avait là six jarres de pierre 
destinées aux purifications des Juifs; 
elles contenaient chacune de deux à trois mesures.
 Jésus dit aux serviteurs:
 " Remplissez d'eau ces jarres ";
 et ils les emplirent jusqu'au bord.

Il faut reconnaître que remplir six jarres d'EAU, pour une noce, c'est à la limite du ridicule ! Jésus peut demander, parfois, des choses étonnantes ! Seule la foi, nous établit dans une relation de confiance . Plus tard, au terme d' une longue nuit infructueuse de pêche, Pierre osera :"Nous avons péché toute la nuit sans rien prendre, mais puisque tu le dis, nous jetterons le filet !" et nous connaissons la suite. Jésus sait renverser les situations, Jésus sait bouleverser nos vies, tout est possible à l'amour !
 

Six cents litres, ce n'est pas rien ! On peut imaginer la fatigue, les allées et venues, l'étonnement surtout ! Mais Marie a soufflé :" Tout ce qu'Il vous dira, faites-le!" Marie connaît Jésus, elle ne sait pas ce qui va advenir mais elle sait, par expérience, que l'abandon est porteur de toutes les espérances !
Nous voilà devant une belle "école de confiance !"
Savons-nous reconnaître les passages du Seigneur dans nos vies ? Savons-nous voir l'eau changée en vin ? Savons-nous le savourer ? Et, surtout, savons-nous rendre grâce à ce Seigneur qui ne cesse de nous surprendre ? Nous sommes tentés, et nous succombons parfois, de nous révolter quand les vents sont contraires, quand la vie nous rudoie, savons-nous attendre patiemment l'heure du Seigneur ? Savons-nous lui donner notre confiance ? Jésus ne déçoit jamais ! Il peut faire attendre pour préparer notre cœur à recevoir ses dons mais Il nous comble TOUJOURS de son Amour . Et, si la réponse est différente de l'attente, soyons certains qu'elle lui est supérieure : ici le vin de la fin du repas est tellement meilleur que celui du début ! Avec Pierre, les filets sont pleins à craquer ! Essayons de relire les "passages du Seigneur" dans nos vies, nous serons confondus parce que Dieu est Amour !

 Jésus leur dit: 
" Maintenant puisez et portez-en au maître du repas. " 
Ils lui en portèrent et il goûta l'eau devenue vin


-il ne savait pas d'où il venait, 
à la différence des serviteurs qui avaient puisé l'eau-,
aussi il s'adresse au marié  et lui dit: 
" Tout le monde offre d'abord le bon vin et, 
lorsque les convives sont gris, 
le moins bon; mais toi, 
tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant! "
Tel fut, à Cana de Galilée, 
le commencement des signes de Jésus.

C'est avec ce "signe" merveilleux que commence la vie publique de Jésus c'est sur la croix qu'Il répand son Sang, ce "vin de l'Alliance nouvelle et éternelle" pour notre salut.
Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.
 Après quoi, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, 
ses frères et ses disciples;
 mais ils n'y restèrent que peu de jours. 
(Jean 2)

"Ils n'y restèrent que quelques jours" Jésus est pressé de réaliser l’œuvre du Père , Jésus ne s'attarde pas Il marche à pas de "géant de l'Amour" vers sa Pâque :

" Je suis venu mettre le feu sur la terre, et qu'est-ce que je désire, si déjà il est allumé ?  J'ai à recevoir un baptême, et comme je suis dans l'angoisse jusqu'à ce qu'il soit accompli ! (Luc  12)"

Jésus ne désire rien d'autre, Jésus n'a pas d'autre objectif de sa naissance à sa résurrection : répandre, comme une traînée de poudre, l'incendie de l'Amour sur la terre des hommes. Puisse cette aspiration habiter nos coeurs et enflammer le monde !

l'Ermite

vendredi 11 janvier 2013

PAGE 253 : LE PEUPLE ETAIT DANS L'ATTENTE

  DIMANCHE 13 JANVIER 2013
Le BAPTÊME du SEIGNEUR

Le peuple était dans l'attente 

Être dans l'attente, c'est être en éveil, c'est désirer, c'est espérer ! Être en attente, c'est reconnaître un manque en soi, voire, des manques ! Être en attente c'est vouloir activement un changement, c'est être tendu vers, c'est tendre son être tout entier pour tenter de saisir ! Il y a de tout cela dans l'attente du peuple : qu'il connaisse les Écritures ou non, le peuple a entendu parler du Messie, il sait que le Messie attendu  apportera la justice et la paix et qu'Il comblera le cœur du petit, du faible, de l'opprimé ... 

 "Un rameau sortira du tronc de Isaïe,
 et de ses racines croîtra un rejeton. 
Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur esprit...  
Il jugera les petits avec justice, 
et prononcera selon le droit 
pour les humbles de la terre....  
justice ceindra ses flancs, 
et la fidélité sera la ceinture de ses reins.  
Le loup habitera avec l'agneau, 
la panthère reposera avec le chevreau; ... 
Le nourrisson s'ébattra sur le trou de la vipère, 
et dans le repaire du basilic  
On ne fera point de mal 
et on ne détruira plus sur toute ma montagne sainte; 
car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur "
(Isaïe  11)

Les actes et les paroles de Jean Baptiste ne peuvent que susciter la curiosité et surtout l'Espérance, aussi  le Peuple s'interroge-t-il sur ce qu'il voit !

Nos actes et nos paroles donnent-ils envie d'en savoir plus sur "ce Jésus" que nous prétendons connaître ? Donnons-nous envie d'aller plus loin ou sommes-nous des "épouvantails" qui font peur à ceux qui cherchent à entrouvrir les portes de nos églises, de nos sales de réunion ...


et tous se posaient en eux-mêmes des questions au sujet de Jean :
ne serait-il pas le Messie ?


 Jean répondit à tous:
" Moi, c'est d'eau que je vous baptise;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de délier la lanière de ses sandales.

Jean ne nourrit aucune prétention... il est envoyé pour préparer la route, il ne cherche pas à supplanter. Les actes de Jean sont incomplets, il le sait et ne le cache pas . Sa mission est d'ouvrir les esprits, d'éveiller le désir d'aller plus loin, de se laisser interpeler, dès que Jésus sera prêt, Jean le désignera :

 "Voici l'Agneau de Dieu."  
(Jean 1)
et ses propres disciples n'hésiteront pas à quitter Jean pour suivre Jésus. Jean ne retient pas à lui, il ouvre ses propres disciples à leur mission spécifique , Jean est un homme profondément libre, il ne s'approprie ni sa mission, ni ceux qui ont fait un bout de chemin avec lui, Jean les ouvre à plus grand que lui et facilite la rencontre.

Qu'en est-il de nos agissements ? Cultivons-nous cette liberté intérieure qui n'arrête pas à soi et permet de devenir ce que Dieu espère ? Car, Dieu nous espère !



Lui, il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu; 

L'Esprit Saint et le feu, en réalité ne font qu'un ! Il faudrait ici tout un développement pour le démontrer, mais ce n'est pas notre propos. Rappelons seulement que l'Esprit et le feu sont mentionnés dès l'origine et, très souvent associés.Nous savons que l’Église vit de ce feu qui embrase le monde. Le feu détruit mais le feu réchauffe et anime : pensons aux disciples d'Emmaüs :" Notre coeur ne brûlait-il pas en nous tandis qu'il nous parlait en chemin" (Luc  24) coeur  aux apôtres enfermés dans le cénacle ... L'Esprit Saint est ce feu qui fait de nous des témoins, Il nous propulse à l'extérieur de nos frontières (nos limites) pour annoncer la merveille du salut :

"Un Sauveur nous est né un Fils nous est donné
éternelle est sa puissance"

Puissance d'amour évidemment, car pour aller jusqu'au bout du don il faut cette force divine qui retourne :
"Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu!"


il a sa pelle à vanner à la main pour nettoyer son aire
et pour recueillir le blé dans son grenier;
mais la bale, il la brûlera au feu qui ne s'éteint pas. " 
 
Or comme tout le peuple était baptisé,
Jésus, baptisé lui aussi, priait;

Nous avons du mal à percevoir l'énormité de la démarche de Jésus; mêlé à la foule Jésus reçoit le baptême des mains de son cousin qui ne manque pas d'ailleurs de  faire remarquer l'incongruité de la scène : : " C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par vous, et vous venez à moi ! "  (Matthieu 3). Or Jésus prie, parce que l'évangile nous l'apprendra, Jésus est toujours en prière, toujours à l'écoute de son Père, Jésus ne fait rien qu'il ne voie faire au Père... Comment en serait-il autrement ? "Le Père et moi nous sommes un" Aussi rien d'étonnant que le Père se fasse entendre à ce moment et que l'Esprit se manifeste révélant ainsi que tout ce qui suivra sera une œuvre trinitaire. Il fallait ce moment d'humble soumission, Jésus, soumis à l'humain, habillé d'humain et investi d'une mission divine!
Jamais nous ne le proclamerons suffisamment :

" Qu'il est grand le mystère de la foi !"

 "Assurément il est grand le mystère de la piété. 
Il a été manifesté dans la chair, 
justifié par l'Esprit, 
contemplé par les anges, 
proclamé chez les païens, 
cru dans le monde,
 exalté dans la gloire."
 (1Timothée  3)

alors le ciel s'ouvrit;
l'Esprit Saint descendit sur Jésus
sous une apparence corporelle,
comme une colombe,
et une voix vint du ciel :

 
 " Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. 
(Luc  3)
La descente du Saint Esprit sur Jésus est une investiture qui répond aux prophéties Is 11,2; 42,1; 61,1; 

Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur 
esprit de sagesse et d'intelligence, 
esprit de conseil et de force, 
esprit de connaissance et de crainte du Seigneur;  
(Isaïe  11,2)

elle est en même temps l'annonce de la Pentecôte qui inaugurera le baptême dans l'Esprit pour l'Eglise. Ac 1,5
  Comme il mangeait avec (eux), 
il leur enjoignit de ne pas s'éloigner de Jérusalem,
 mais d'attendre ce que le Père avait promis, " 
ce que, (leur dit-il), vous avez appris de moi:  
que Jean a baptisé d'eau, 
mais que vous, sous peu de jours, 
vous serez baptisés de l'Esprit-Saint. " 
 (Actes 1)

et pour tous ceux qui y entreront Eph 5,25-32. La reconnaissance de Jésus comme Fils annonce la filiation adoptive des croyants, participation à celle de Jésus et conséquence du don de l'Esprit Ga 4,6

 Et parce que vous êtes fils, 
Dieu a envoyé dans vos coeurs 
l'Esprit de son Fils, lequel crie: 
Abba! Père!  
Ainsi tu n'es plus esclave, tu es fils; 
et si tu es fils, 
tu es aussi héritier grâce à Dieu. 
(Galates  4)
 
Plongés, par le baptême dans la mort et la résurrection de Jésus nous devenons cohéritiers avec le Fils unique du Père ! 

Merveille de l'amour infini de Dieu pour chacune de Ses créatures. Dieu Père donne Son unique pour que nous soyons faits fils ! Comment ne pas chanter avec Marie :

" Le Seigneur fit pour moi des merveilles
Saint est son nom !"  
 l'Ermite

samedi 5 janvier 2013

PAGE 252 : NOUS SOMMES VENUS NOUS PROSTERNER

DIMANCHE 6 JANVIER 2013
 
ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR
 
 
"Gloire à Dieu chantent les anges et Paix sur terre aux hommes  qu'Il aime" C'est en effet par amour que le Père envoie le Fils et que le Fils consent ; cette liturgie céleste des anges autour du Nouveau-né et dans la campagne environnante, n'a rien de surprenant et la nouvelle se répercute, de bouche à oreille.  Si cette liturgie n'a rien d'étonnant, la nouvelle qui parvient aux oreilles du monarque est nettement dérangeante. Le Grand Roi , du moins celui qui se croit grand, craint déjà ce Petit Roi qui vient de naître, ne risque-t-il pas de le détrôner ? Hérode est déstabilisé et l'arrivée des Sages ou Mages ne peut que rajouter des questions à ses propres questions.
 
Ne raillons pas trop vite ce pauvre Roi mais observons nos propres réactions, souvent non dites d'ailleurs, quand la nouveauté nous bouscule . Ici c'est un jeune collègue fraîchement sorti d'une grande École qui arrive avec un nouveau savoir ... là, c'est enseignant qui cherche à faire accepter une autre pédagogie, ailleurs, c'est un ouvrier spécialisé nouvellement diplômé qui aimerait introduire de nouvelles méthodes de travail etc et nous sommes inquiets, nous regardons ces nouveautés avec hostilité parce que nous nous sentons menacés. Le mieux, le juste, le vrai ne serait-il pas d'accueillir et de partager les compétences, chacun ayant quelque chose à apprendre ??? L'autre ne peut pas être plus dangereux que moi-même puisqu'il est un frère en puissance. Hérode, mon frère, de quoi, de qui as-tu peur ?
 
Seigneur élargis nos coeurs, rends-nous accueillants les uns aux autres, persuadés qu'aucun de nous ne détient un savoir immuable et complet, que nous sommes appelés à marcher ensemble recevant et donnant tour à tour ce que tu nous permets de partager.
 
"Qui marche avec le Christ n'aura plus jamais peur.
En lui naîtra la paix de Dieu-Emmanuel"
Scouarnec


 
Jésus étant né à Bethléem de Judée, 
au temps du roi Hérode,
voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem 2
et demandèrent:
" Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
 Nous avons vu son astre à l'Orient
 

et nous sommes venus lui rendre hommage. "
A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
et s'enquit auprès d'eux du lieu où le Messie devait naître.
 
 
" A Bethléem de Judée, lui dirent-ils,
car c'est ce qui est écrit par le prophète:
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n'es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda:
car c'est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. "
 

Alors Hérode fit appeler secrètement les mages,
se fit préciser par eux  l'époque à laquelle l'astre apparaissait, 
et les envoya à Bethléem en disant:
 
"Secrètement"!
 

"Car il n'y a rien de caché qui ne soit manifesté, ni rien de secret qui ne finisse par être connu et ne vienne au grand jour." (Luc  8) dira Jésus un jour !
 
Certes la discrétion est une excellente vertu mais le "secrètement" d'Hérode est d'un ordre différent et il est des discrétions qui cachent des intentions bien peu louables et avouables . L'intention d'Hérode est entièrement tournée vers sa propre protection, il craint de perdre son Siège et fomente déjà une action meurtrière qui, pense-t-il, sauvegardera sa liberté. La question, la bonne question qu'il devrait se poser à ce stade la voici :" Être libre qu'est ce que cela veut dire dans une vie d'homme" C'est aussi celle que nous pouvons nous poser . Comment peut-on avoir le coeur en paix et donc libre quand on cherche à nuire ostensiblement ou secrètement à son frère ? Quand, pour avoir les coudées franches on sape sa réputation, son travail, jusqu'à l'exclure voire, le faire disparaître ?




" Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant;
et, quand vous l'aurez trouvé,
avertissez-moi pour que, moi aussi,
j'aille lui rendre hommage. " 
 
Ô perfidie ! Est-il possible de cacher ses désirs meurtriers sous une intention généreuse ? Est-il possible de déguiser ses intentions au point de dire le contraire de sa pensée ? D'afficher un large sourire et de planter un fer de lance dans le dos de son frère quand celui-ci poursuit simplement sa route ?
 
A des degrés divers et variés, souvent bien raffinés, notre humanité véhicule ses Hérodes- caméléons qui blessent et tuent et traînent leur vie alors qu'ils pensaient trouver la liberté . La liberté se nourrit de droiture, de vérité, de simplicité .... Comment être libre lorsque les mains sont salies par mille et une actions dévoyées et ... secrètes ?
 
"Car il n'y a rien de caché qui ne soit manifesté, ni rien de secret qui ne finisse par être connu et ne vienne au grand jour." (Luc 8)
 
Il est bon de garder ce verset en mémoire, non pour nous écraser mais pour garder la paix :" Gloire à Dieu au plus haut des cieux et Paix sur la terre aux hommes qu'Il aime!"
 

 Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route;


et voici que l'astre, qu'ils avaient vu à l'Orient,
avançait devant eux jusqu'à ce qu'il vînt s'arrêter
au-dessus de l'endroit où était l'enfant. 
 
S'il nous arrive de connaître la nuit de la foi c'est que Dieu nourrit un dessein particulier. Nos voyageurs, dans leur nuit, sont conduits à se renseigner. Leur démarche loyale permettra de déjouer le plan du Roi Hérode. Après cette étape, utile pour le Petit Roi, l'astre brille de nouveau et reprend la tête du cortège.

Si nous marchons dans la nuit de la foi, gardons courage et confiance, (pensons à M.Térèsa notamment) derrière cette nuit Dieu notre Père, prépare du neuf, à son heure, l'aurore se lèvera et notre vie sera illuminée. Restons patients, Dieu n'abandonne jamais ses enfants.
 
A la vue de l'astre,
 ils éprouvèrent une très grande joie.


Entrant dans la maison,
ils virent l'enfant avec Marie, sa mère,
et, se prosternant, ils lui rendirent hommage;
ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent en présent
de l'or, de l'encens et de la myrrhe. 
 
Les offrandes des mages annoncent qu’ils adorent un roi, un Dieu qui est destiné à mourir.
 
Nous ignorons beaucoup de choses sur ces mages orientaux venus trouver le roi des Juifs… sauf qu’ils voyageaient avec des coffrets d’or, d’encens et de myrrhe pour les offrir au nouveau-né. Traditionnellement, ces cadeaux désignent déjà le mystère de ce petit enfant : l’or parce qu’il est Dieu, l’encens car il est prêtre et la myrrhe puisqu’il est vrai homme.
 
Qu’offrir à Dieu qu’il ne nous ait déjà donné ? Dans sa lettre aux Éphésiens, Paul évoque la grâce que Dieu lui a lui-même donnée, grâce que l’Apôtre s’empresse de partager avec les jeunes communautés. Quelle est cette grâce ? La connaissance du mystère du Christ ! Était-ce la même grâce qu’avaient reçue les mages ? Est-ce la même grâce qui nous pousse à nous rassembler aujourd’hui pour célébrer en Église cette fête de l’Épiphanie ? Le Christ se révèle, il nous faut accueillir son mystère, savoir le partager, le creuser et l’approfondir. Sa grâce se donne à connaître dans la solitude et dans une communauté, dans les engagements professionnels et dans la vie familiale, dans le service pastoral et dans la prière, dans la foi et dans les doutes, dans notre vie d’aujourd’hui comme jadis dans une crèche… S’il nous est arrivé de recevoir cette grâce, d’avoir saisi dans l’Esprit le dessein de salut que le Père a pour toute la création, alors nous aurons compris combien il est urgent d’annoncer l’Évangile. Puissions- nous aujourd’hui, devant la fresque de l’adoration des mages, renouveler notre engagement pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. N’oublions pas :
 
« On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau… »
(Mt 5, 15).


 Puis, divinement avertis en songe
de ne pas retourner auprès d'Hérode,
ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.
 
La conclusion de ce passage d'évangile révèle bien que toute nuit a un sens, que la lumière brillera de nouveau, à l'heure du Seigneur. Dès lors, cultivons la confiance dans notre jardin intérieur : le Père ne nous manquera jamais.

 
(Matthieu  2)

l'Ermite

vendredi 28 décembre 2012

PAGE 251 : ...A LES ECOUTER ET LES INTERROGER

DIMANCHE 30 DÉCEMBRE 2012
 
FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE
 

 Chaque année,
les parents de Jésus
 allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.

 
Quand il eut douze ans,
comme ils y étaient montés suivant la coutume de la fête
et qu'à la fin des jours de fête ils s'en retournaient,
 le jeune Jésus resta à Jérusalem
sans que ses parents s'en aperçoivent.
Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route,
ils firent une journée de chemin
avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne l'ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem en le cherchant.
 
Peut-être pouvons-nous nous interroger ici, sur notre propre comportement, quand Jésus semble loin. Est-ce Jésus qui est loin ou s'est éloigné ou bien ne serait-ce pas plutôt que notre esprit est embourbé dans toutes sortes de préoccupations qui nous embrouillent et nous éloignent de Jésus ? Penser que Jésus s'éloigne de nous c'est Le considérer comme un simple humain aux prises avec toutes sortes de passions contradictoires qui enferment et replient sur soi. Jésus ne peut connaître ces soubresauts de la nature, s'Il  épouse notre nature humaine il est bien précisé "hormis le péché" par conséquent, hormis toutes ces velléités de calculs et de considérations humaines. Dès lors, soyons absolument sûrs que jamais, Jésus ne s'éloignera de nous mais c'est bien nous qui nous rendons absents submergés par toutes sortes de préoccupations que nous nous fabriquons au lieu de nous abandonner à son amour.
 
"Quand les montagnes s'éloigneraient
et que les collines seraient branlantes,
mon amour loin de toi jamais ne s'écartera
et mon alliance de paix jamais ne sera branlante,
dit celui qui te manifeste sa tendresse, le Seigneur."
 
(Isaïe  54, 10 )

 

C'est au bout de trois jours
qu'ils le retrouvèrent dans le Temple,
assis au milieu des maîtres,
à les écouter et les interroger.
Tous ceux qui l'entendaient
 s'extasiaient sur l'intelligence de ses réponses.
 
Jésus, pourtant rempli de la Sagesse même de Dieu puisqu'Il est Dieu, écoute et interroge les maîtres de la loi ! Jésus se met à l'école de notre humanité et ne manque pas de clarifier, redresser puisque ces "maîtres"s'extasient sur l'intelligence de ses réponses.
 
Jésus nous apprend ici à écouter et à poser les bonnes questions qui peuvent enrichir notre intelligence et éclairer notre route. Nous  ne sommes pas madame ou monsieur "je-sais-tout", chaque nouvelle rencontre est l'occasion de découvrir, d'approfondir, d'accueillir de nouvelles données qui nous permettent de grandir en humanité et dans la foi. De toute rencontre, qu'il s'agisse d'une personne cultivée ou d'un enfant, nous pouvons sortir meilleur avec, dans l'esprit, matière à réflexion. Pour cela, nous devons être simplement ce que nous sommes vraiment, à savoir : des personnes en marche qui n'arriveront qu'à l'heure du Seigneur, quand notre vie pourra s'épanouir en Lui !
 

 
En le voyant, ils furent frappés d'étonnement et sa mère lui dit :  
" Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ?
 Vois, ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés. "
 Il leur dit:
 " Pourquoi donc me cherchiez-vous ?
Ne saviez-vous pas qu'il me faut être chez mon Père ? "
 
Nous sommes ici au coeur de ce grand mystère : Jésus est plus que l'Enfant confié par le Père à Marie et Joseph et, ceux-ci ont  un "avant-goût" si j'ose dire, de cet enfant qui leur est confié mais qui a une mission bien spécifique qui dépasse tout entendement. Marie et Joseph expérimentent  de façon tangible qu'ils doivent accompagner cet enfant jusqu'à l'heure du Père. Sans doute avaient-ils compris quelque chose de leur mission mais ce n'est que jour après jour qu'ils en perçoivent la profondeur et ce qui les "met à distance" de Sa mission. Ceci révèle également la grandeur de la vocation des parents en général, très bien exprimée par Khalil Gibran :
 
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous,

ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour
mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain,

que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,

mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants,
comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini,

et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.
Khalil Gibran, Le prophète

Si l'Église nous offre ce passage d'évangile le jour choisi pour célébrer la "Sainte Famille", n'est-ce pas aussi pour inviter parents et éducateurs à savoir garder la distance qui convient avec l'enfant qui leur est confié. Chaque génération est là pour permettre aux plus jeunes de devenir, non pour leur imposer quoique ce soit. Chaque enfant est appelé à une mission et les adultes doivent leur permettre de la découvrir et de la mener à bien.

C'est encore Khalil Gibran qui écrivait , justement à propos des enfants :

"Ces enfants, écoute-les, respecte-les, aime-les,
aide-les,à se prendre eux-mêmes en charge.
Ils te regardent vivre, que tu le veuilles ou non
tu as une responsabilité vis-à-vis d'eux.
Si tu ralentis, ils s'arrêtent,
Si tu critiques, ils démolissent,
Si tu doutes, ils désespèrent,
Si tu marches devant, ils dépasseront,
Si tu donnes ta main, ils donneront leur peau,
Et, si tu pries, alors ils seront des saints."
Prions vraiment pour les parents et les éducateurs afin qu'ils soient à la hauteur de la responsabilité qui leur incombe. Qu'ils montrent une route, mais qu'ils ne se croient pas être cette seule route ! Qu'ils soient des éveilleurs qui ouvrent des perspectives sans jamais fermer l'issue ! ...
 
 
Mais eux ne comprirent pas ce qu'il leur disait.
 
Jésus ne se perd pas en explications inutiles, "son heure n'est pas encore venue", aussi jeune qu'Il est ,Jésus éveille, ouvre des perspectives, prépare ses parents à des bouleversements ce que laisse entendre ce verset :
 
" et sa mère retenait tous ces événements dans son coeur"
 
viendront ces heures délicates où Marie sera placée devant des questionnements mais Marie fera toujours confiance puisque nous la trouverons "debout, au pied de la croix" de ce Fils tant aimé. Quand nous ne comprenons pas il nous reste la confiance, c'est-à-dire la foi en ce Dieu qui est Père et qui ne manquera jamais. La route peut s'obscurcir parfois, mais au bout du tunnel soyons-en certains, la lumière se lèvera et alors, nous comprendrons et nous dirons MERCI à Celui qui n'a pas lâché notre main dans la tourmente.
 

Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ;
 il leur était soumis;
et sa mère retenait tous ces événements dans son coeur.
 Jésus progressait en sagesse et en taille,
et en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes.

  
(Luc  2)

l'Ermite

samedi 22 décembre 2012

PAGE 250 : CELLE QUI A CRU

DIMANCHE 23 DÉCEMBRE 2012
 
 

 En ce temps-là,
 Marie partit en hâte
pour se rendre dans le haut pays,
dans une ville de Juda.
 
Marie, petite jeune fille de 15 ans, dès qu'elle apprend la nouvelle de la future maternité de sa cousine, oublie ses propres soucis et se rend, en hâte, au Pays d'Elisabeth et Zacharie pour soulager cette cousine dans les derniers mois de "l'évènement-avènement". Quelle maturité chez cette toute jeune femme ! Quel sens de l'autre ! Quel oubli de soi ! Merci Marie de nous éveiller à nous détourner de nos propres soucis pour nous ouvrir joyeusement à ceux de nos frères et les secourir dans leurs propres difficultés.
 

Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
 
Or, lorsqu'Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l'enfant bondit dans son sein
et Élisabeth fut remplie du Saint Esprit.
 
Merveille de la grâce ! merveille de l'ouverture à l'autre ! Chacune s'oublie et laisse l'espace libre à l'accueil de la révélation. Dans des coeurs aussi libres l'Esprit Saint peut prendre place et agir ! Les enfants ne sont pas "une chose"  dès l'instant de la conception ils sont offerts pour accomplir leur vocation spécifique. Ces deux futures mamans ne les étouffent pas, dès cet instant, ils sont au service de l'Amour qui est Dieu Lui-même ! Ils ont la liberté de reconnaître l'autre, dans sa spécificité et de réjouir ainsi le coeur de leur maman réciproque, qui les accueille, pour un temps, selon le dessein du Père éternel, les protégeant, juste le temps qu'il faut, pour l'Heure du Père.
 
Quelle merveille de la grâce - c'est le sens du prénom de JEAN : Dieu-fait-grâce - que ces deux enfants qui se rencontrent et se reconnaissent et permettent à leurs mamans de mettre des mots
sur ce qui les dépasse !


Elle poussa un grand cri et dit:
 
 
" Tu es bénie plus que toutes les femmes,
 béni aussi est le fruit de ton sein!
Comment m'est-il donné
que vienne à moi la mère de mon Seigneur ?
 
Nous sommes loin, très loin ici des rivalités de l'esprit humain, de ces comparaisons stériles (mon fils, ma fille est le meilleur, la meilleure, le plus intelligent) de ces "mains - mises" sur l'enfant ( tu seras ceci, cela !) ... La plus ancienne reconnaît l'oeuvre de Dieu dans la plus jeune ! La plus ancienne accueille cet enfant en gestation comme l'Envoyé du Père ! La plus ancienne annonce la nouvelle étonnante, bouleversante, émet cet acte de foi sans pareil :"la mère de mon Seigneur"! Elisabeth est ici la première "évangéliste"puisqu'elle reconnaît et annonce que cette si jeune femme est Mère de son Seigneur , Mère de Celui qui régit les mondes !

Quant à Marie, elle ne s'enferme pas , ne se recroqueville pas sur son "trésor", ne se croit pas supérieure, Elle l'humble Servante, Marie comprend que tout, absolument tout est don. Marie est cette femme libre, totalement libre, qui ne retient rien et facilite ainsi la rencontre des deux Testaments, des deux "missionnaires" du Père : le Précurseur et et le Révélateur de l'Amour éternel du Père.
 
 
Car lorsque ta salutation a retenti à mes oreilles,
voici que l'enfant a bondi d'allégresse en mon sein.
 
Quel magnifique acte de foi de la part d'Elisabeth ! La joie manifestée par l'enfant qu'Elle porte ne ressemble pas du tout aux petits plaisirs que nous offre la vie . Cette joie-là est d'un tout autre ordre et Elisabeth ne s'y trompe pas, elle sait y reconnaître "la Présence"de Son Auteur. Elle comprend que Marie est portée par plus grand qu'Elle-même, ce n'est pas Marie qui porte Jésus, c'est Jésus qui porte Marie et "transporte" Jean et sa maman dans une allégresse indicible ! Marie, Elisabeth, Jean sont les choisis de Dieu les serviteurs de Celui qui se cache pour un peu de temps encore et de qui Jean déclarera :
 
" Moi, je vous baptise avec l'eau;
mais il vient,
celui qui est plus puissant que moi,
et dont je ne suis pas digne
de délier la courroie de ses sandales;
 lui, il vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu. "
(Luc 3)


 

 
Bienheureuse celle qui a cru:
ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira! "
(Luc 1)
 
Avant Jésus Lui-même, Elisabeth proclame la toute première béatitude : Bienheureuse Celle qui a cru ! Celle qui a su reconnaître le "passage" du Seigneur dans sa vie ! Celle qui s'est inclinée en se reconnaissant et déclarant "Servante" du Seigneur ! Il n'y a pas chez Marie, la moindre recherche, la moindre gloriole, Marie est simplement "la Servante" de son Créateur, et, elle ne veut pas, ne cherche pas à être autre chose : c'est en "Servante" qu'elle se hâte vers sa cousine, pour l'aider dans les derniers mois de "l'évènement-avènement". Marie ne calcule pas, elle ne pense pas qu'Elle a droit à des égards, non, Marie ouvre son coeur et c'est ainsi qu'Elle agira tout au long de sa vie !
 
"Heureux plutôt, ceux qui écoutent
la Parole de Dieu
et qui la gardent !"
 

 dira Jésus à ceux et celles qui louent la maternité de Celle qui l'a porté ! Certains voient ici, une remise en question de Marie, il n'en est rien ! Bien au contraire , Jésus, discrètement, rend grâce pour cette Maman qui a su écouter, entendre et accomplir ce que lui inspirait la Parole qui l'Habitait ! Ce "Réceptacle de Dieu, écrira St François d'Assise, ce Tabernacle de Dieu !"
 
Il me semble que la seule attitude valable pour les "tout-petits que nous sommes est, ici, l'adoration. Après St Thomas, inclinons-nous et, du fond du coeur disons :
 
"Mon Seigneur et mon Dieu"
 
Je ne résiste pas à la joie de partager avec vous, cette très belle louange de St François à Marie Mère de Dieu !

Dame Sainte

Salut, Dame Sainte, reine très sainte,
 Mère de Dieu,
 ô Marie qui êtes vierge perpétuellement,
 élue par le très Saint Père du Ciel,
 consacrée par Lui,
avec son très saint Fils bien aimé
 et l'esprit Paraclet,
vous en qui fut et demeure
toute plénitude de grâce et tout bien!
Salut, palais; salut, tabernacle; salut, maison;
 salut, vêtement; salut, servante; salut, mère de Dieu!
Et salut à vous toutes,
saintes vertus
qui par la grâce et l'illumination du Saint Esprit,
êtes versées dans les cœurs des fidèles et, d'infidèles que
nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu.
 
l'Ermite